• Vanessa

Consommatrice de voyage

Mis à jour : 26 oct. 2018





Il fut un temps où j’étais une consommatrice de voyage.


Celle qui ayant fait des sacrifices durant l’année, voulant profiter à 200% des vacances que j’avais eu la chance de me payer.

Vouloir voir la capitale du pays et ne manquer aucun site, aucun lieu dans les 15 jours qui m’étaient octroyées.

J’enchaînais les pays, les lieux, les survolant, les observant, les consommant sans jamais m’en imprégner et les vivre.


Car s’en imprégner demande du temps, du lâché prise et un certain détachement.

Mon rêve était de prendre un an de congés sabbatique et de faire le tour du monde. Encore une fois, faire rentrer le monde en 365 jours. En un laps de temps bien trop étroit pour faire rentrer ce que le monde a à offrir.


Ma prise de conscience sur ma manière de me soigner, de m’alimenter, de consommer puis de vivre m’a amené à la conclusion que ce virus du voyage qui m’a toujours habité depuis ma plus tendre enfance s’exprimait de la manière dont je menais ma vie.


Comme une consommatrice, comme une jeune femme voulant rentabiliser son temps, ses vacances, ses voyages, ses découvertes.

J’ai alors expérimenté une première étape : partir plus longtemps. Puis une seconde : partir sans plan, sans attente, sans vouloir tout découvrir, tout voir.


Tout voir. Une expression collée à mes lèvres tel un chewing-gum. Donnant l’illusion de connaître  la ville, le village, le pays, sans comprendre que le voyage n’est pas une question de kilomètre ou de nombre de pays à mon tableau de chasse.


J’ai alors au fil de mon évolution et de ces pays parcourus où le temps est une notion abstraite, compris que le voyage était une mélodie nous guidant pas à pas à la découverte de notre essence.


Car ce que nous trouvons en ces lieux étrangers ne sont que le reflet de notre intérieur.


Le voyage c’est aller de soi à soi en passant par les autres . Proverbe Touareg

J’y ai découvert : des déserts, des paradoxes, de la beauté, de la puissance, de l’humilité, de l’instabilité, de la cohésion, de l’harmonie, de la grandeur, de la splendeur, le caractère précieux de la vie, la chance que j’avais…. Mais tout cela grâce uniquement à mon ressenti. Car l’observer et le constater est une chose, mais le sentir par le corps permet de l’intégrer dans une forme d’éternité.


Je n’avais pas conscience de l’imprégnation de cette rentabilité dans chaque domaine de ma vie, si délétère à notre monde, à nous même, à notre santé, à notre planète, à l’être humain et au vivant tout simplement.


J’ai donc décidé il y a quelques années déjà, d’emprunter le chemin du « voyager autrement ». Cela m’ouvrant un peu plus vers un monde plus juste et plus durable, ne rêvant plus d’un tour du monde mais simplement de vivre mon voyage.

Privilégiant dans ce domaine également la qualité plutôt que la quantité.


Laissant alors l’espace nécessaire à ces lieux pour graver une empreinte dans mon âme.


Vanessa

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